studio1984 – AJAP 2014

11 LOGEMENTS ET UNE RESSOURCERIE

Lieu: Paris X
Type de marché: Concours
Maître d’ouvrage : RIVP

Maître d’oeuvre : Studio 1984 mandataire
BET Structure – Batiserf
BET Fluides, Thermique, HQE – EMENDA
Economiste – BMF

Surface : Logements 837 m² + Ressourcerie 542 m²
Coût des travaux : 3 300 000 HT

Sur les voies de chemin de fer, une volumétrie plus sculptée répond non seulement aux contraintes urbaines, mais également à l’épannelage complexe et découpé du paysage ferroviaire. Confortant alignement et mitoyenneté, le bâtiment organise une nouvelle cour, minimisant les vis-à-vis et optimisant les vues.
L’articulation ascendante des volumes répondant au contexte urbain et aux opportunités d’orientation génère des terrasses plantées accessibles ou végétalisées qui participent à la naturalisation de ce nouveau cœur d’îlot ouvert.
Au nord, une faille ménage à partir du R+1 une respiration et un apport de lumière à la cour voisine. La vibration produite par l’usage individuel des occultations bois manifeste l’animation par les usages et répond aux pignons voisins et à leurs percements aléatoires.

 

Une attitude attentive et mesurée
Le contexte patrimonial du site dicte une attitude attentive et mesurée. La forte homogénéité de l’alignement des façades sur la rue Philippe de Girard invite à proposer une écriture architecturale sobre, mais sophistiquée, appuyée sur les lignes de force de cette composition architectonique caractéristique.
L’horizontalité induite par le système de corniche et de balcons filants à l’échelle de l’îlot est d’abord confortée par l’émergence des nez de dalle en façade installant le nouvel édifice dans une complicité discrète avec son voisinage.

Une trame régulière qui génère naturellement la structure primaire de l’immeuble
La volonté de compléter le front urbain sur la rue conduit à mener un travail précis de réinterprétation de la composition et du rythme des façades mitoyennes. L’alternance régulière des baies et des meneaux, des pleins et des vides, définit une trame régulière qui génère naturellement la structure primaire de l’immeuble. Le rythme ainsi installé offre une insertion harmonieuse malgré la forte transparence de la façade.

L’épaisseur des éléments porteurs verticaux produit de fortes variations perceptives
Massive à son approche, la façade révèle progressivement sa transparence et sa légèreté. La profondeur des poteaux a été particulièrement étudiée pour maximiser cette gradation de densité.
Au rez-de-chaussée et R+1, la séquence est modulée, ouvrant sur la rue de larges vitrines affirmant le statut public de l’équipement.

L’attitude modeste et résolument contextuelle du projet n’implique aucun compromis sur la qualité des espaces intérieurs. Ainsi, tous les logements sont traversants, bénéficient d’espaces extérieurs généreux et d’une orientation sud. L’analyse des conditions d’ensoleillement et d’orientation de la parcelle révèle une situation plus favorable qu’il n’y paraît de prime abord.
On constate d’abord la faiblesse du trafic sur les voies de la Gare de l’Est et la bonne qualité générale d’ambiance sonore de cet espace urbain.
La surlargeur du carrefour entre la rue Louis Blanc et Phillippe de Girard ainsi que le dégagement sur les voies de chemin fer offrent des vues lointaines et des orientations sud-est et sud-ouest qu’il s’agit de valoriser. Sur rue, d’amples loggias permettent de capter les apports solaires et de dégager des vues vers le carrefour. Sur les rails, les loggias d’angle ouvrent au sud les logements
sur le grand paysage. Ce dispositif protège les séjours traversants, largement vitrés, des surchauffes estivales tandis que la façade déportée en garantit l’intimité et l’appropriation. Ce filtre visuel installe une relation progressive et séquencée entre intérieur et extérieur, entre public et privé, qui dans ce contexte urbain particulièrement dense représente une réelle plus-value d’usage.
Les plans des logements, outre leur caractère intégralement traversant qui garantit une ventilation naturelle efficace, ont été optimisées de manière à limiter les surfaces de circulation tout en garantissant la mise à distance des pièces plus intimes. Les cuisines, éclairées naturellement sont fonctionnelles et intègrent les exigences du label NF habitat HQE en matière d’équipement.
De la même manière les équipements techniques tels que les gaines techniques logement qui reçoivent les compteurs électriques ont par exemple été dissociés des chambres pour anticiper les exigences du label.
Enfin la volumétrie générale du bâtiment et notamment les attiques et autres retraits de gabarit, donne l’occasion d’offrir à plusieurs logements des terrasses accessibles de grandes dimensions.