studio1984 – AJAP 2014

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RESTRUCTURATION DANS L’EXISTANT DU LYCEE JEAN MOULIN : RESTRUCTURATION DU LYCEE ET DU RESTAURANT SCOLAIRE, EXTENSION DU GYMNASE

 

Maître d’ouvrage : Région Ile-de-France
Maître d’oeuvre : Francisco Mangado – Studio 1984
BET TCE – Gruet Ingénierie
BET  Thermique, HQE – Etamine
BET VRD – Ateve Ingénierie
Mission effectuée : Mission complète
Calendrier opération : Concours juin 2016
Surface : 6 645  m2
Coût des travaux : 18 650 000€ HT
Labels : Démarche de Qualité Environnementale  sans certification conformément au cahier des charges régional avec pour objectif de basse consommation 80 kWh/m² SHON /an dans l’existant

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I – Une attitude mesurée face à une architecture manifeste :
Afin de dialoguer avec l’architecture très marquée du lycée Jean Moulin, le projet de réhabilitation adopte une attitude modeste et une écriture sobre. Le caractère monumental de la façade principale et des circulations intérieures est préservé sans surenchère architectonique.
La volonté de préserver l’écriture architecturale atypique du lycée, conduit à opérer peu de modifications sur l’enveloppe. Seule la reconstruction de la liaison entre le bâtiment A et B tranche par son écriture plus contemporaine. Loin de s’imposer, le nouveau bâti amène plus de transparence, fluidifie la transition entre intérieur et extérieur et crée une connexion poreuse entre les deux bâtiments. Ce volume, retourné sur la façade du bâtiment B en RDC, qualifie la cour et aménage l’accès directement vers l’extérieur en R+1 du bâtiment A.
Le caractère minéral des façades est respecté par la mise en œuvre d’un enduit clair sur un isolant en liège dense naturel qui offre toute les garanties de solidité et de pérennité. La façade ouest quant à elle, est traitée thermiquement par l’intérieur, conservant ainsi son image particulière. Les verrières des bâtiments A et B sont entièrement redessinées, mais elles conservent l’esprit général de la couverture d’origine dans un souci de cohérence et de continuité.
De manière générale la mise aux normes de l’enveloppe et des installations techniques intègre cette posture respectueuse de l’existant. Les détails sont pensés de manière à ne pas altérer la lecture des façades.

II – Révéler les qualités spatiales sous-jacentes d’une architecture généreuse.
Si la volumétrie globale reste inchangée, la restructuration intérieure a été entièrement repensée de manière à optimiser les espaces et les flux, tout en proposant des lieux de vie, d’apprentissage et d’échange qualitatifs. Outre la restructuration judicieuse des différents pôles fonctionnels à travers les bâtiments du lycée, une attention particulière a été portée à révéler la qualité des espaces de circulation, aujourd’hui moins lisibles. Malgré une optimisation des surfaces, la générosité des dégagements, au cœur du projet de Dominique Montassut, est respectée et leur convivialité largement améliorée par un travail sur l’éclairage naturel qui traverse les bâtiments jusqu’au rez-de-chaussée. La simplicité et la lisibilité du plan sont renforcées par ce travail en coupe qui permet une surveillance optimisée des circulations. Inondant le volume intérieur de lumière naturelle, il apporte une perspective verticale qui ouvre véritablement l’espace vers le ciel, amenant ainsi l’extérieur à l’intérieur.
Dans le bâtiment A, ce parti pris est formalisé par le percement des dalles aux niveaux R+1 et R+2, proposant un vide en lieu et place des pleins occupés par les sanitaires et annexes que l’on retrouve par ailleurs, grâce à une optimisation des surfaces. Ces ouvertures créent des coursives périphériques de distribution desservant lisiblement les salles d’enseignement. Dans le bâtiment B, l’équilibre et la hiérarchisation des espaces amène à la création d’une coursive unique au niveau R+1, depuis laquelle les salles sont distribuées via des passerelles.
Poursuivant le même objectif d’ouverture et de fluidité, le bâtiment C de demi-pension est largement ouvert et décloisonné pour offrir un véritable lieu de convivialité aux élèves. La nécessaire reconstruction intégrale de la charpente révélée par les diagnostics amène à un parti d’intervention plus fort. L’économie du projet conduit à une remise en cause du système structurel au profit d’une rationalisation technique de la toiture. Si le gabarit d’origine est respecté, le sens de portée est inversé pour libérer les pignons et simplifier le principe de structure. Cela permet, sur les fondations existantes, de mettre en œuvre une structure acier de type industrielle préfabriquée et un système de dalle bois collaborante acoustique. Le principe de lumière zénithale est maintenu, mais les vitrages sont mis en œuvre exclusivement à la verticale pour des questions d’entretien et de pérennité. Le volume sous charpente des zones techniques (cuisine, locaux sociaux) est considérablement réduit pour mieux correspondre aux besoins et limiter le volume chauffé. En contre bas des logements, cette partie de la toiture est végétalisée pour offrir un vis-à-vis plus agréable et limiter l’imperméabilisation. Si la façade monumentale du bâtiment A correspond à son statut, celle du bâtiment de la demi-pension nous semble en contradiction avec le caractère domestique et convivial de sa fonction. C’est pourquoi son écriture a été repensée pour trouver une échelle plus humaine et ouvrir largement sur l’espace naturel végétalisé. Le pôle cuisine, complètement restructuré, respecte maintenant la « marche en avant » à travers une organisation claire et lisible du plan, depuis la réception des denrées jusqu’à la ligne distribution des produits cuisinés.

III – Un aménagement paysager entre cohérence et diversité.
La localisation de la parcelle du lycée lui offre un cadre avantageux et d’indéniables qualités paysagères. Si la distribution intérieure du bâti est très claire, les espaces extérieurs manquent aujourd’hui cruellement de lisibilité. Bien que l’aménagement actuel propose des sous-espaces intéressants, il ne permet pas d’appréhender le terrain dans sa globalité et n’offre pas de cheminement accessible aux personnes à mobilité réduite. Le réaménagement a donc en premier lieu pour objectif une hiérarchisation plus claire de l’espace, entre urbanité et espace naturel. Une réflexion poussée sur la question de l’entretien conduit à privilégier des essences et espèces robustes, reprenant pour une part les plantes pionnières déjà naturellement présentes sur le site. Les espaces extérieurs sont pensés comme une continuité urbaine et paysagère, offrant des sous parties qui dialoguent entre elles sans pour autant se ressembler, et dont les élèves pourront mieux profiter.

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